La colline des croix au nord de la ville de Šiauliai est incontestablement un lieu de culte. L’histoire du lieu nous montre aussi que ce fut un symbole de résistance sous l’ère soviétique. Datant de la fin du XIXe siècle et ne comportant à l’origine qu’une centaine de croix, le site, régulièrement détruit par le régime communiste, en voyait toujours fleurir de plus en plus. Le phénomène s’est amplifié depuis l’indépendance et on compterait aujourd’hui, près d’une centaine de milliers de croix.

En roulant vers le nord, on rencontre un musée étonnant et plutôt glaçant. A quelques kilomètres au nord-est de Klaipeda, les Russes avaient installé une de leur base de missiles nucléaires. Aujourd’hui les quatre silos sont vides et les soldats ont déserté les lieux. Le site est aménagé en musée de la guerre froide. Retracer la course à l’armement nucléaire, et quelque part son absurdité, sur un site de béton et de ferraille qui a connu la bombe et qui sent encore le gasoil et l’huile moteur, ne laisse pas indifférent. « Amazing » me dit une voisine de visite, « rather scary » renchérit son amie….

Pour atteindre l’isthme de Courlande il faut prendre le ferry à Klaipeda. Nous laisserons le fourgon sur un des nombreux parkings payants de la ville pour passer à vélo sur la péninsule. La traversée dure cinq minutes. Nous allons parcourir la moitié des cinquante kilomètres lituaniens, (les cinquante suivants sont russes). En juin ce n’est pas encore vraiment la saison touristique. L’écomusée des marins pêcheurs est fermé, l’Office du tourisme est en travaux et donc… fermé lui aussi. Nous allons donc nous limiter à l’activité vélo plage.

Le port de Klaipeda a accès à la Mer Baltique par le détroit de Memel au Nord de l’isthme de Courlande.