Lors de notre précédent voyage en Scandinavie, nous avions découvert à Hammerfest un monument à la gloire de l’astronome Friedrich G. W. Struve, qui entre 1816 et 1855 a mesuré par une série de triangulations un arc de méridien de 2800 kms de long. Dans les dix pays traversés, de la Norvège à la Mer Noire, quelques repères de cette triangulation ont été classés par l’Unesco et nous avons pris un certain plaisir à essayer de les dénicher, parfois sans succès, quand l’occasion se présentait.

La nuit dernière nous avons bivouaqué à Kaarepere près de l’un de ces points avant de rejoindre la ville de Tartu où F. Struve dirigeait l’observatoire astronomique. L’observatoire est aujourd’hui un musée qui évoque entre autres cette aventure scientifique.

A la frontière avec la Russie, la forteresse de Narva fait face à celle d’Ivangorod, de l’autre côté du fleuve. Plus au nord, l’ancien Hôtel de ville qui a échappé aux destructions de la seconde guerre mondiale abrite aujourd’hui l’université.

La frontière est fermée. Seuls les piétons autorisés passent. Sur le pont qui enjambe le fleuve, les dents de dragons disposées sur la chaussée ne laisseront pas passer de véhicules. Le chassé croisé de ces hommes et femmes qui patientent aux postes frontières illustre concrètement les conséquences européennes du conflit entre la Russie à l’Ukraine.

Encore un ex-secret soviétique. A quelques kilomètres de la Russie, sur la côte nord du pays, la ville où l’on produisait de l’uranium civil et militaire n’apparaissait pas sur les cartes sous l’ère communiste. Près du Théâtre, un géant musclé célébrant l’atome confirme la vocation de la cité. On s’attendait à découvrir une ville plutôt austère. Bien au contraire, même si les grands bâtiments de l’époque stalinienne mériteraient pour la plupart un bon ravalement, ces édifices bordant le grand boulevard qui mène à la mer ont conservé un certain charme.