Hier, nous avons laissé les motos à Vanaashrya et repris la route en minibus pour Agra et ses chefs d’oeuvres de l’art moghol avec un arrêt au fort de Fatehpur Sikri, bâti au XVIe par l’empereur Akbar et abandonné après une douzaine d’années peut être par manque de ressources en eau.

Au petit matin, nous nous pressons avec la foule aux portes du Taj Mahal. Au soleil levant, les jeux de lumières naturelles sur le monument le plus visité de l’Inde sont magiques.

Après une pause petit déjeuner, la visite se poursuit par le Fort Rouge, une forteresse palais témoin de la puissance des Moghols, puis le mausolée d’Itimad-ud-daulah, appelé aussi le « baby Taj » pour sa ressemblance, assez relative, avec le célèbre monument.

Au soleil couchant, depuis les rives de l’Ayuna, une dernière vue sur le célèbre mausolée de marbre blanc marque le terme d’une journée bien remplie et d’un voyage inoubliable. Demain il faudra penser au retour.

Après plus de 1500 kms et une dizaine de jours à moto, on acquiert une petite idée des us et coutumes locales en matière de conduite.

Le trafic est un flot continu de tout ce qui roule ou marche, de tout ce qui peut transporter quelque chose ou quelqu’un. Camions, voitures, tuk-tuk, tracteurs, engins de chantier, engins agricoles, motos, scooters, attelages de dromadaire, vélos, piétons, éléphants, chèvres, chiens et vaches. J’aime bien les vaches, elles avancent d’un pas décidé et ne reculent jamais. Il suffit de viser leur arrière-train.

Les règles de conduite sont assez limitées au final : rouler autant que possible à gauche, maintenir son cap et sa vitesse, éviter l’arrêt et garder son calme. Le klaxon est à utiliser autant que nécessaire mais de manière pacifique.

Sur la route, le plus rapide double le plus lent, par la droite théoriquement mais aussi par la gauche si besoin. Quand on double un plus lent que soi, il faut s’attendre à ce que celui ci, au même moment, double lui aussi un encore plus lent. Sachant que le trafic en sens inverse agit de la même manière, la situation peut rapidement devenir compliquée. Il n’y a pas de sanctuaire. Sur autoroute, le contresens est fréquent et normal.

Sur route, nos motos progressent en file indienne. En ville, le groupe fait la force quand il n’y a ni feux, ni priorités. Rester compact est la règle.

Malgré cette impression de chaos, nous n’avons pas vu beaucoup d’accrochages et piloter une moto dans ces conditions à été, pour nous, un défi mais aussi un réel plaisir. Martine n’a pas éprouvé de difficultés à prendre des photos depuis sa place arrière.

Depuis Bundi, nous avons roulé la matinée pour rejoindre notre hôtel à proximité du parc national de Ranthambore. Après le déjeuner, nous grimpons dans un bus à ciel ouvert pour visiter le parc et observer, avec un peu-beaucoup de chance, les tigres.

Pas de chance, nous ne verrons pas l’ombre d’un tigre. Nous aurons le loisir d’observer de nombreux mammifères (chital, sambars, gazelles chinkara), de nombreux oiseaux (Martin chasseur, craterope, vautour) et bien sur, de nombreux touristes.