Les Lettons fêtent l’été plus que partout au monde. La nuit du solstice, le village de Tervete, où nous nous sommes arrêtés, se rassemble dans la prairie au pied de l’ancienne motte féodale. Enfants et adultes sont vêtus du costume traditionnel, les femmes et les filles portent des couronnes de fleurs. Sur la prairie les danses et les chants se succèdent. Quand le premier feu est allumé, chacun vient y jeter quelque chose. Une femme propose à Martine un morceau de pain d’épice pour participer au rituel. Puis à la tombée de la nuit, les torches s’allument et des brûlots dévalent la colline.

Le 23 juin, pour la nuit du Ligo, les Lettons décorent tout, et jusqu’à leur voiture, de fleurs, de branches de chêne ou de tilleul. Le 24, ils fêtent Janis, la St Jean. Les hommes portent des couronnes de branches de chêne. Ces deux derniers jours sont fériés et très arrosés.

La colline des croix au nord de la ville de Šiauliai est incontestablement un lieu de culte. L’histoire du lieu nous montre aussi que ce fut un symbole de résistance sous l’ère soviétique. Datant de la fin du XIXe siècle et ne comportant à l’origine qu’une centaine de croix, le site, régulièrement détruit par le régime communiste, en voyait toujours fleurir de plus en plus. Le phénomène s’est amplifié depuis l’indépendance et on compterait aujourd’hui, près d’une centaine de milliers de croix.

En roulant vers le nord, on rencontre un musée étonnant et plutôt glaçant. A quelques kilomètres au nord-est de Klaipeda, les Russes avaient installé une de leur base de missiles nucléaires. Aujourd’hui les quatre silos sont vides et les soldats ont déserté les lieux. Le site est aménagé en musée de la guerre froide. Retracer la course à l’armement nucléaire, et quelque part son absurdité, sur un site de béton et de ferraille qui a connu la bombe et qui sent encore le gasoil et l’huile moteur, ne laisse pas indifférent. « Amazing » me dit une voisine de visite, « rather scary » renchérit son amie….