En roulant vers le nord, on rencontre un musée étonnant et plutôt glaçant. A quelques kilomètres au nord-est de Klaipeda, les Russes avaient installé une de leur base de missiles nucléaires. Aujourd’hui les quatre silos sont vides et les soldats ont déserté les lieux. Le site est aménagé en musée de la guerre froide. Retracer la course à l’armement nucléaire, et quelque part son absurdité, sur un site de béton et de ferraille qui a connu la bombe et qui sent encore le gasoil et l’huile moteur, ne laisse pas indifférent. « Amazing » me dit une voisine de visite, « rather scary » renchérit son amie….
Pour atteindre l’isthme de Courlande il faut prendre le ferry à Klaipeda. Nous laisserons le fourgon sur un des nombreux parkings payants de la ville pour passer à vélo sur la péninsule. La traversée dure cinq minutes. Nous allons parcourir la moitié des cinquante kilomètres lituaniens, (les cinquante suivants sont russes). En juin ce n’est pas encore vraiment la saison touristique. L’écomusée des marins pêcheurs est fermé, l’Office du tourisme est en travaux et donc… fermé lui aussi. Nous allons donc nous limiter à l’activité vélo plage.
Le port de Klaipeda a accès à la Mer Baltique par le détroit de Memel au Nord de l’isthme de Courlande.
Europos parkas
D’après les géographes, le centre de l’Europe se trouverait à une vingtaine de kilomètres au nord de Vilnius. Gintaras Karosas, artiste lituanien, a installé à Europos Parkas, une exposition d’art moderne en plein air. La ballade parmi toutes ces oeuvres disséminées dans une forêt de pins de plus de cinquante hectares est super agréable.
Après l’art moderne dans les bois on s’attaque au street art. Retour à la ville pour débusquer les fresques murales. Kaunas, deuxième ville du pays, propose un parcours street art. On a failli être déçu. Les premières rues jusqu’au centre historique ne nous ont pas vraiment emballées. Rues désertes, fresques defraichies et sans grand intérêt, on était bien loin de Bruxelles ou d’Angoulême. La place du centre n’était pas non plus d’une animation débordante. On y a pris un verre de gira, la boisson traditionnelle locale. Et nous sommes revenus par la voie réservée aux vélos et aux piétons beaucoup plus animée en nous attardant sur les valeurs sûres comme l’éléphant rose.