Pour rejoindre Tallinn, nous avons laissé le Magellan à Turba et pris le train. Des trois capitales baltes, Tallinn nous est apparue comme la plus touristique. Port important sur la Mer Baltique, la ville conserve beaucoup de monuments et d’immeubles des riches guildes marchandes des XVe, XVIe siècles.

Le soutien à l’Ukraine est ici une évidence. Les Baltes gardent en mémoire les années sombres de l’occupation soviétique. Un musée et les cellules du KGB, aujourd’hui ouvertent au public, témoignent de ce passé récent. Dans ces caves du 59 de la rue Pikk, les arrestations arbitraires, la torture et les exécutions sommaires étaient monnaie courante.

Près de la gare, le détour par le quartier de Telliskivi s’impose. Les bars et lieux branchés ont investi les entrepôts et les usines abandonnées.

Saaremaa, la plus grande île à l’ouest de l’Estonie est facilement accessible par bateau. Très prisée des touristes on est quand même loin du surtourisme. Le bord de mer reste très sauvage, et Kuressaare est la seule ville de l’île.

En randonnée, on y découvre des moulins, un chemin étonnant qui se pratique les pieds dans l’eau, un phare qui a quitté la terre ferme et des Highlands qui paissent en quasi liberté dans les alvars, les landes locales.

Un petit tour d’horizon des spécialités locales. Ce que l’on trouve le plus, avec le porc et le poulet, est à coup sûr le poisson sous toutes ses formes, en soupe, mariné, cuit au four, grillé ou fumé. En entrée, j’ai tenté et apprécié la Saltibarciai, une soupe à base de betteraves rouges, de concombres, de fromage frais et accompagnée d’un œuf dur. La mixture d’un joli rose, se mange froide.

Le kvass, boisson populaire dans les pays d’influence russe se nomme gira en Lituanie. C’est une boisson fermentée à base de pain, légèrement pétillante et aromatisée d’épices diverses.

Au bord des routes, il n’est pas rare de trouver des points de vente sommaires. Une table, un parasol, quelques produits, le plus souvent des fruits et des gateaux et une caisse pour déposer votre dû, si le ou la propriétaire est absent(e). C’est ainsi que nous avons découvert les riekstini, d’excellents petits gâteaux en forme de noix et fourrés au caramel, et les juustupats, de curieuses tresses de fromage au lait de vache, fumées.

En Finlande tout est cher, de la bière en terrasse au litre de gasoil (à classer hors gastronomie). Tout ou presque, à midi on peut manger un lounas, le menu du jour avec une soupe en plat principal à un prix modique. Le resto-café du musée Amuri, musée de l’habitat ouvrier à Tampere, propose ce menu et aujourd’hui nous déjeunerons d’une soupe aux petits pois et au lard et de viennoiseries en dessert.