Guernesey compte quelques beaux sites mégalithiques datant du néolithique. A proximité du parking de Lihou, on remarque un curieux mur. C’est le parement du tumulus qui protège le dolmen du Creux es Faïes. Les fées qui y habitent sortent à la pleine lune pour aller danser avec les sorcières du dolmen du Trépied à quelques centaines de mètres de là. Plus au Nord, coincé entre la route et les champs, le tumulus du dolmen de Déhus abrite un réseau de chambres secondaires réparties le long du couloir qui mène à la chambre principale. Un visage humain est gravé sur une des dalles de couverture.

Nous quittons, Hauteville et St Peter pour St Martin’s Point et Icart Point au Sud-Est de l’ile. La côte escarpée, balayée par un vent à décorner un bœuf, nous rappelle la presqu’ile de Crozon. A St Martin, on rend visite à La Gran’Mère du Chimquière, une stèle du Néolithique, et vraisemblablement refaçonnée à l’époque gallo-romaine.

Sur la route du retour, une dernière halte à la Petite Chapelle, Une reproduction miniature en ciment et coquillages de la grotte et de la basilique de Lourdes. Œuvre curieuse d’un moine français, exilé à Guernesey (encore un) au début du XXe siècle.

Ce matin nous partons vers St Peter sous une pluie fine, les dépressions ont repris le pas sur les grosses chaleurs de fin mai.

Opposant politique , banni par Napoléon III, Victor Hugo s’est exilé aux Anglo-Normandes. A Guernesey le produit de ses ouvrages lui permet d’acheter un manoir sur les hauteurs de St Peter. J’ai toujours été bluffé par ces personnages qui, ruinés un jour, rebondissent, achètent et aménagent à grand frais de telles demeures. Victor Hugo décore Hauteville House de boiseries et de céramiques. Exception faite des étages supérieurs plus lumineux avec vue sur Herm et Sark, tout ce décorum où apparait la signature VH de l’écrivain est lourd et sombre.